Catégorie(s) | Le gros chantier

L’injoignable cabinet Obras

Publié le 11 janvier 2012

(Photo Mickaël Frison)

Obras. Le maître d’oeuvre de la rénovation de la place Saint-Michel. Un cabinet d’architectes parisiens sélectionné parmi des candidats de toute l’Europe. La future configuration du quartier est entre leurs mains : Obras a conçu, chiffré et retravaillé le projet de « requalification ». Mais les architectes d’Obras restent désespérément injoignables. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Voici le top 4 des meilleures excuses d’Obras pour ne pas nous parler.

Un mois de coups de fil, de mails, de re-coups de fil, de demandes d’autorisation, et de re-re-coups de fil. Le cabinet Obras résiste encore et toujours à nos demandes d’entretien et de rencontre. Jouant l’honnêteté, nous l’avons prévenu de notre intention de raconter notre quête. « Faites donc, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise !? », nous a-t-on répondu au secrétariat. Chiche.

Obras est le contact essentiel sur le dossier de la rénovation de « l’espace Saint-Michel ». Après un concours mettant en concurrence 56 cabinets, puis 5 finalistes, Obras a été choisi par la mairie de Bordeaux. Avec une récompense alléchante à la clé : la maîtrise d’oeuvre du projet, pour une rémunération provisoire d’un peu plus de 820 000 euros, sans compter les honoraires liés aux études préliminaires et autres missions complémentaires. Au total, 1 215 093 euros et 96 centimes, toutes taxes comprises, très exactement.

Nous ne cherchions pas à percer les mystères d’un dossier classé secret défense. Simplement à éclaircir un projet parfois obscur dans ses termes quand on n’est pas architecte. Nous voulions aussi comprendre certains des choix engagés par le cabinet, comme la question de l’utilisation du bois ou des nouveaux éclairages. Mais les excuses pour ne pas nous parler sont dignes des spécialistes de l’école buissonnière.

4. La secrétaire dans le rôle de Dalida pour Paroles, paroles. « Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots » : rappeler plus tard. Une fois, deux fois… sept fois. « Des mots magiques, des mots tactiques, qui sonnent faux ». Parfois il est demandé de rappeler à 18-19 heures, une heure où plus personne ne décroche au bureau.

3. Mais où sont-ils ? Cette fois, il faut encore rappeler plus tard, car les architectes ont « pris un billet d’avion » et ne sont pas encore rentrés. Une autre fois, ils sont en déplacement en province. A Bordeaux ? Non à Anglet, sur la côte basque… à deux heures de route seulement de Bordeaux. Loupés de peu. Encore une fois. Mais elle finit par leur laisser nos coordonnées mail, sans oublier de préciser qu’il n’est pas sûr qu’ils nous répondent.

2. La course aux accords. Un contact est pris courant décembre avec Alexandre Dubure, l’un des architectes en charge du dossier. Mais il souhaite qu’on obtienne avant de nous répondre, l’accord de la mairie. Nous trouvons cela étrange pour un projet public, mais faute de mieux, nous demandons l’autorisation de la mairie. Accord obtenu ! Nous rappelons. Cette fois-ci, Alexandre Dubure souhaite s’entretenir avec ses supérieurs pour avoir leur accord. D’accord, mais sont-ils tombés d’accord pour nous répondre ? On ne le sait toujours pas.

1. Dernier (r)appel. Mercredi 11 janvier 2012, à 10h30 : après sept jours d’appels quotidiens, la secrétaire nous explique que les architectes sont bien rentrés la veille. « Oui, j’ai vu Frédéric Bonnet [le co-fondateur d'Obras, ndlr] mais il ne m’a pas parlé de votre demande. Et moi non plus, je n’ai pas pu leur en parler. En fait, je ne l’ai vu que cinq minutes »… C’est sûr : si, déjà, au sein même du cabinet, personne ne se parle, pourquoi parler à des inconnus ?

Marc Bouchage et Julien Baldacchino

1 Commentaires de cet article

  1. verin dominique Says:

    Obras, oh desespoir ! il suffit de penser que la Mairie , enfin, le meilleur d’entre nous, a choisi le meilleur projet ! Bronze et bois, avec au sol la fameuse « cale bordelaise » , qui vient en réalité d’Henrichemont, près de Bourges …

    La communication se fait à l’entonnoir, comme pour le gavage des oies! la ville doit devenir un long mensonge tranquille !

    Le Maire serait il devenu Président en Tunisie, en Egypte, ou en Birmanie ?

Laisser un commentaire