Au 39 rue de la Fusterie

Publié le 02 février 2012

Comme beaucoup d’autres à Saint-Michel, cet immeuble a été rénové par InCité. Alain Juppé est venu l’inaugurer. Une façon de souligner l’efficacité du travail de l’aménageur public dans le centre historique. Un immeuble-témoin qui révèle les méthodes d’achat et de revente d’InCité.

39 rue de la Fusterie

Madame Albrespy Lacorte habite à Paris. Elle ne se souvient même plus du nom de l’entité qui a racheté son immeuble en 2007. Au téléphone, c’est à nous de le lui rappeler. Quand elle hérite de l’immeuble de sa mère il y a cinq ans, elle décide de le vendre. Son notaire s’occupe de l’affaire, elle ne suit pas du tout l’opération.

Comme à chaque vente d’immeuble, la commune a le droit de préempter. C’est-à-dire, le droit d’acquérir prioritairement cet immeuble. Le bien, jugé dégradé par la ville, est racheté par InCité pour un montant de 530 000 €. InCité travaille pour la mairie, dans le cadre de la rénovation de l’habitat du quartier Saint-Michel.

L’immeuble de 762m2 est inoccupé au moment de la vente. Une fois les travaux commencés, InCité revend l’immeuble. Trois propriétaires privés se partagent le bien. Deux d’entre eux achètent pour y habiter. L’architecte a rencardé une de ses amies sur ce bon plan. Et le troisième, grand patron d’une banque française, achète les cinq appartements restant pour les louer. Dont trois sont des logements sociaux.

Relogé par InCité

Hamid Lamzaili vit au rez-de-chaussée depuis deux ans avec sa femme et ses trois enfants. Avant, il était rue Bouquière dans un T2 trop petit. Il est demandé au propriétaire de le rénover. InCité, le temps des travaux, reloge Hamid et sa famille dans l’un de ses « immeubles-tiroirs », au 25 rue du Cloître. Ces immeubles sont des logements provisoires qui servent aux locataires en transit, dans l’attente d’un logement rénové. Hamid y reste deux ans avec sa famille, entre 2007 et 2009.

Entre temps, la famille s’agrandit, alors il faut chercher autre chose. Cette fois, Hamid se tourne volontairement vers InCité pour l’aider à trouver un nouvel appartement. L’aménageur public lui fait des propositions mais Hamid refuse systématiquement car ça ne correspond pas à ce qu’il recherche. La quatrième proposition est la bonne. Au 39 rue de la Fusterie, il vit dans un T4 de 105m2 avec une cour privative où peuvent jouer ses enfants. Il n’a jamais vu le propriétaire de son appartement et paie son loyer (570 € par mois) à l’agence Citya, qui travaille de près avec InCité.

Des matériaux premier prix

Globalement, Hamid est content de son nouvel appartement et loue l’efficacité d’InCité. Mais il déplore des travaux réalisés trop vite avec des matériaux de mauvaise qualité. « Quand il pleut, il y a des infiltrations dans la maison, ça fait sauter les plombs et ça décolle le lino ». Dans le salon, de la rouille est déjà visible sur les murs.

Un autre locataire, croisé dans la cage d’escalier, Abdessattar Chalfouh, est du même avis que son voisin. « Pas de double vitrage, parquet qui gondole, mauvaise isolation… Ils ont gardé l’esthétique mais ils ont oublié le pratique ».

Béatrice Fainzang et Brune Daudré

2 Commentaires de cet article

  1. dove Says:

    on semble loin de l’excellence au niveau des travaux …mais une très bonne affaire pour les acheteurs bien rencardés !

  2. chartier grimaud Says:

    La façade.
    Tout pour la façade.
    Les touristes vont être contents.
    On va s’exclamer: oh que c’est beau!
    L’Unesco a fait beaucoup!

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