« I ♥ mon caca » ou l’art du mauvais goût

Publié le 09 janvier 2012

Les idées de tee-shirts proviennent de l'imagination des clients ou du patron. Internet est aussi une bonne source d'inspiration. (Photo Nastassia Solovjovas)

Che Guevara en steak haché, Bob l’éponge alcoolo, le logo Ford transformé en Fuck, du gore, de la série Z et des références kitsch sur des tee-shirts, la boutique XL Impression joue sur l’humour potache.

Il est là. Au fond de la boutique. Impossible de ne pas le voir. Accroché sur un cintre, un tee-shirt « I love mon caca ». Référence au célèbre I love New York. L’auteur de ce sacrilège ? Stéphane Joly, le patron d’XL Impression. « J’ai l’occasion de montrer mes conneries, alors j’en profite. Et puis j’aime l’humour potache ! », lance-t-il un sourire en coin. Fallait-il le préciser ? Ici, le tee-shirt « I love mon caca » est à l’image de la boutique de sérigraphies : déjantée, décalée et drôle. « On essaie de proposer quelque chose de différent. Faire rire surtout », ajoute Ken, le vendeur.

Stéphane a installé son commerce à Saint-Michel il y a 18 ans, après un passage sur la côte, à Lacanau. Batteur d’un groupe de rock, Skulldudggery -magouille en français- dans les années 1990, sa première vocation, enfant, est de devenir clown. Un goût pour l’insolence qui se retrouve aujourd’hui dans la vitrine du magasin. Une mamie fait un doigt d’honneur au mot retraite, le logo de la Société Générale détourné en « Anarchie générale » ou un Bob l’éponge un peu allumé, tout est prétexte à se marrer. Pendant près de vingt ans, Stéphane a accumulé les images et phrases insolites. Les murs en sont également tapissés. « Ici, c’est un peu le foutoir, le moindre truc qui nous plaît, on le colle ! », explique le patron, pince sans rire.

Une ode à l’impertinence et à la provocation. Barbie et Ken une clope au bec, un portrait de Richard Gotainer ou une photo extraite du film Bad taste datant des années 80 sur laquelle un homme mange une tête humaine explosée et sanguinolante. « Cela fait partie de mes films cultes. Très sérieux et très profond… ». Pour Ken le vendeur, ce serait plutôt le martien déluré de Mars Attacks collé juste au dessus de la caisse ou le terrible Kubiac de la série américaine Parker Lewis ne perd jamais. Les icônes en prennent aussi pour leur grade. « Un ami a créé ce tee-shirt avec le Che derrière lequel vous pouvez voir des steaks hachés surgelés ». Pour nos deux compères, tout peut être tourné en dérision. Robin, 16 ans, s’attarde sur l’un des tee-shirts pendus dans la boutique. On peut lire Légalisez le Canada juste en-dessous d’une feuille d’érable qui fait penser à une feuille de cannabis. Le jeune homme se met à rire : « je l’aime bien celui-là » !

Julien Baldacchino et Nastassia Solovjovas

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