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Huit choses à savoir sur la rénovation

Publié le 09 janvier 2012

Selon la Mairie, le projet architectural intègre le retour du marché après les travaux (Vue d'artiste - Agence Obras)

Qui va mener les travaux ? Pourquoi ? A quoi ressemblera la place ?

Saint Mich’ le blog répond à huit questions essentielles sur la « requalification » du quartier.

Pourquoi cette rénovation ?

La rénovation du quartier Saint-Michel s’inscrit dans une logique globale de travaux pour la ville de Bordeaux. Il s’agit de la dernière zone à rénover (après la place Pey-Berland ou la place du Palais par exemple), et la plus grande. « Il était nécessaire de donner un nouveau visage à la ville, et le quartier n’avait pas bougé depuis 25 ans« , affirme le maire, Alain Juppé. « La place Saint-Michel est magnifique, le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’était pas très moderne, ni jolie ». (voir en vidéo). Parmi les axes qui ont guidé le programme de rénovation, l’esthétique et le patrimoine ont leur place. « On a un endroit qui marche, il faut que ça continue de marcher mais qu’en plus ça ait de l’allure. A Saint-Michel, il y a de graves lacunes en terme de qualité, c’est abîmé, et pas à la hauteur de la dimension patrimoniale de la ville », confie Anne Durepaire-Dorgueilh, chargée de la maîtrise d’ouvrage au service des Parcs, Jardins et Rives de Bordeaux.

Une dimension patrimoniale importante pour la mairie : la basilique Saint-Michel est classée au patrimoine mondial de l’Unesco à deux titres. Classée depuis 1998 en tant que partie du chemin de Saint-Jacques de Compostelle (avec la cathédrale Saint-André et la basilique Saint-Seurin), elle fait partie de l’ensemble inscrit en 2007 au patrimoine mondial. D’autres critères sont entrés en ligne de compte, définis après une longue phase de concertation avec les habitants.

Comment les grandes lignes du programme de rénovation ont-elles été définies ?

Des réunions et des ateliers de travail ont eu lieu, animés par les élus de quartier, afin d’imaginer à quoi devait ressembler l’avenir du secteur. A cet égard, la mairie et le public ont décidé conjointement que le marché devrait réintégrer la place après les travaux.

La mairie a ensuite édité un programme ajoutant de nombreux critères techniques autour des grands axes définis : respect des normes de sécurité, accessibilité aux handicapés, facilité d’entretien, etc. Les propositions des architectes devaient aussi respecter des normes environnementales, ainsi que des prescriptions techniques éditées par la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) pour la bonne qualité des matériaux utilisés. [à consulter ici - format PDF].

Pour mener le projet, la municipalité a signé un accord avec la CUB, habituellement compétente pour les travaux de voirie. Par cet accord, la CUB permet à la Mairie d’effectuer ces travaux. Après la rénovation, la gestion de la voirie reviendra à la CUB.

La « requalification », c’est quoi?

Vous ne trouverez pas ce terme dans le dictionnaire. C’est un néologisme, un mot inventé. Il s’agit de jargon utilisé par les urbanistes pour parler des processus de rénovation. « C’est un terme qu’on utilise tous les jours », affirme Anne Durepaire-Dorgueilh. Le terme n’est pas anodin. Le besoin de « requalifier » suppose-t-il que le quartier soit en manque d’identité ? « Certainement pas ! On peut requalifier sans qualifier autrement. Requalifier, c’est qualifier à nouveauDans ce cas, cela signifie que l’on apporte des choses en plus », insiste-t-elle.

Qui a conçu le projet ?

56 cabinets et équipes d’architectes de toute l’Europe ont concouru, 5 équipes ont été retenues comme finalistes, et dédommagées à hauteur de 40000 euros, et c’est l’agence parisienne Obras qui a gagné le concours, pour mener le projet en tant que maître d’œuvre (rémunéré à hauteur de 9,19 % du montant total des travaux, soit un peu plus de 820 000 euros hors taxes et hors frais complémentaires). Si les architectes se déplacent régulièrement à Bordeaux, aucun n’y est installé en permanence.

Le projet d’Obras a été revu et corrigé à deux reprises : deux modifications ont été votées en Conseil municipal. La première concerne le rajout d’une aire de jeux pour enfants au niveau de la place du Maucaillou. La seconde concerne les luminaires de la place, dont le sort n’est pas encore fixé, selon la Mairie.

Pourquoi la Mairie parle-t-elle de « l’espace » Saint-Michel ?

Anne Durepaire-Dorgueilh : « On ne pouvait pas dire place, parce que les travaux vont au-delà de la simple place, ça va de la rue des Faures jusqu’aux quais d’un côté, et aux Capucins de l’autre. On ne pouvait pas non plus parler de quartier, parce qu’il y a plein de petites rues qui n’ont pas été soumises au concours d’architectes. Il a donc fallu trouver autre chose ! ». On retrouve l’emploi du vocable « espace Saint-Michel » dans le dossier de l’agence Obras, qui en excipe pour justifier le manque d’identité et le besoin de rénovation des habitants. Sur la place, et dans les rues adjacentes, personne ne parle jamais « d’espace Saint-Michel ».

Les travaux, c’est pour quand ?

« Courant 2012 », pour une inauguration courant 2014, nous dit Anne Durepaire-Dorgueilh. Sans plus de précisions. La rénovation de la place commencera quand les services de réseaux (ERDF et Régaz entre autres) auront fini leurs retouches sur les réseaux souterrains. « On a mis deux années à les relancer», explique Anne Durepaire-Dorgueilh.

A quoi ressemblera la place après les travaux ?

Ce sera une grande esplanade, s’étendant sur tout « l’espace Saint-Michel », incluant la rue des Faures, sur toute sa longueur, du cours Victor Hugo jusqu’aux quais.  Les trois places autour de la basilique, Meynard, Canteloup, et Duburg. Rue Gaspard-Philippe, place du Maucaillou et rue Clare. Les zones piétonnières devraient y être plus nombreuses (comme sur la place Canteloup, où le parking doit disparaître). La végétation devrait également y être développée. Le projet inclut des articulations avec les rues adjacentes dans la perspective de rénovations ultérieures.

Autre changement majeur, le revêtement, fait de dalles en pierre et de pavés en bois. La route et les zones piétonnes seront au même niveau. Exit les trottoirs et le boudin en béton actuellement présents sur la place. La délimitation avec la chaussée sera effectuée par des poteaux en métal.

Et les bâtiments ?

Il s’agit en fait d’un projet différent. La réhabilitation des logements fait bien partie de la logique de « requalification » du quartier, mais elle n’a pas été soumise au concours d’architectes. C’est InCité, une société d’économie mixte détenue en partie par la Mairie de Bordeaux et la CUB, dont la présidente et le vice-président sont des élus de la ville, qui est chargée d’effectuer ces réhabilitations.

Julien Baldacchino

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1 Commentaires de cet article

  1. jean jacques Says:

    Le 1% artistique? Encore un truc qu’on va confier à Pistoletto?

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